La quantité globale de données géolocalisées numériques générées et stockées connait ces dernières années une croissance exponentielle portée par l’essor des nouvelles technologies comme le LiDAR, l’intelligence artificielle ou encore les objets connectés. Les données géoréférencées irriguent tous les secteurs de l’économie (énergie, construction, réseaux, transports, urbanisme, logistique, environnement…) et contribuent à créer de nouveaux usages et services créateurs de valeur pour les entreprises et les collectivités. Elles constituent également un enjeu stratégique en matière de politiques publiques et de souveraineté (développement durable et aménagement du territoire, modélisation géodésique du système Terre, observation, suivi et gestion durable des ressources naturelles et des forêts, cartographie des risques…).
✓Le marché des données géolocalisées ne cesse de croître. Les données géolocalisées sont devenues les informations de référence par excellence qui irriguent la vie quotidienne, tous les secteurs de notre économie ainsi que la mise en œuvre et l'évaluation des politiques publiques pour lesquelles elles revêtent désormais une importance stratégique. À l’échelle française, comme le relevait le rapport d’information du Sénat n°17 du 2 octobre 2022, il n’existait pas d’études quantifiant la valeur économique actuelle et prospective de l'économie de la donnée géolocalisée en France. Une étude nationale sur l’écosystème géonumérique a été publiée en 2024 par l’association Afigéo. Il reste possible d’évoquer des exemples étrangers. Une étude britannique du Cabinet Office britannique de 2018 estimait ainsi qu'une meilleure utilisation des données géolocalisées pourrait générer de 6 à 11 milliards de livres par an en termes de richesse supplémentaire au Royaume-Uni. À l'échelle internationale, une étude conduite en 2013 par le bureau d’étude OXERA pour Google concluait à des revenus mondiaux du secteur de l’information géographique compris entre 150 et 270 milliards de dollars et à une valeur ajoutée voisine de 110 milliards de dollars.
✓Les compétences d’ingénieurs liées aux données géolocalisées sont très recherchées par les employeurs, qu’il s’agisse d’acteurs publics (collectivités, établissements publics…) ou privés (« GAFAM » et startups notamment). L’ENSG-Géomatique est l’école de référence, unique en France, pour la formation de ce type de profils. Comme le relevait le rapport du CGEDD et du CGAAER de novembre 2017, la France fait partie, à l’échelle mondiale, des pays qui maîtrisent le mieux l’information géographique avec les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie, grâce notamment à la compétence technique de l’Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) qui assure la tutelle de l’ENSG-Géomatique. Une étude nationale sur ce sujet a été publiée en 2024 par l’association Afigéo, qui montre que le poids économique du secteur de la géomatique représente aujourd’hui 9% de l’ensemble du secteur du numérique français. Les compétences recherchées en France sont en informatique (70%) et en traitement évolués de la donnée (55%), mais les compétences en géomatique restent également fortement recherchées (47%)
✓La certification vise ainsi à certifier les compétences des ingénieurs géomaticiens pour prévenir ou anticiper les prochaines crises (environnementales, épidémiques…), en simulant les risques et en développant des méthodes d’études, à partir de l’analyse de données. L’ingénieur géomaticien doit également jouer un rôle majeur dans la protection de l’environnement, en maîtrisant les techniques de représentation et de modélisation des causalités spatio-temporelles de l’évolution des lieux et des territoires, par exemple dans le cadre de l’implantation d’infrastructures telles que parcs éoliens, centrales photovoltaïques, dispositifs de gestion de déchets ou dans la protection des espaces naturels et la préservation de la continuité écologique. Parce qu’il sait rechercher, croiser, analyser les données géographiques, l’ingénieur géomaticien est au cœur des études préparatoires pour appuyer les décisions, projeter et mesurer les impacts prévisibles dans les domaines de la construction ou de l’aménagement. En utilisant les méthodes de lasergrammétrie, ou celles de la photogrammétrie
✓voire les deux en combinaison -, l’ingénieur géomaticien est acteur dans l’acquisition et la modélisation en trois dimensions de territoires entiers (pour les cartographier, pour les observer, pour les étudier, pour les protéger) aussi bien que de monuments (pour la valorisation, la préservation ou la conservation du patrimoine).